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Riviera Albanese

Il existe en Albanie une côte que les premiers voyageurs européens du XXe siècle appelaient la Riviera des Fleurs d'Orient, et ce...

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Il existe en Albanie une côte que les premiers voyageurs européens du XXe siècle appelaient la Riviera des Fleurs d'Orient, et ce n'est pas un hasard : la Riviera albanaise dévale abruptement des monts Cérauniens jusqu'à la mer Ionienne, dessinant une succession de baies de galets blancs, d'oliveraies en terrasses et de villages accrochés au versant qui, pendant des décennies, sont restés à l'écart des routes du tourisme européen. Elle s'étend de Vlora, la ville où fut proclamée l'indépendance albanaise en 1912, jusqu'à Saranda et la frontière grecque, traversant des lieux aux noms qui sentent la légende : Dhërmi, Himara, Porto Palermo, Borsh, Ksamil. C'est une terre de strates : Grecs ioniens, légions romaines, Byzance, quatre siècles de domination ottomane, l'éphémère occupation italienne, puis le long isolement du régime d'Enver Hoxha, qui y a laissé des milliers de bunkers de béton comme les cicatrices d'un pays fermé au monde. De cet isolement, la Riviera est ressortie presque intacte, et c'est là son charme le plus authentique : des plages qui semblent encore vierges, des eaux transparentes dignes d'un atoll caribéen, des bourgs où l'on parle encore un dialecte grec ancien à côté de ruines impériales comme Butrint, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Aujourd'hui, la Riviera albanaise est l'une des destinations côtières les plus surprenantes de la Méditerranée, capable d'alterner le charme brut de l'histoire balkanique avec la douceur méditerranéenne des oliviers, des agrumes et des tavernes en bord de mer.

Mis à jour le 8 juillet 2026

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Le récit

L'histoire de Riviera Albanese

Une côte disputée : l'histoire de la Riviera

Les premières traces remontent aux colons grecs, qui au VIIIe siècle av. J.-C. fondèrent ici des implantations comme Chimera, l'actuelle Himara, et plus au sud Buthrotum, aujourd'hui Butrint. Suivirent l'Illyrie indépendante, la conquête romaine puis la longue domination byzantine, lorsque la côte devint un carrefour entre l'Orient et l'Occident latin. Dès le XVe siècle, l'Empire ottoman imposa quatre siècles de domination, laissant mosquées, tours et un système de villages fortifiés sur les versants, plus faciles à défendre contre les pirates que contre la mer elle-même. Au XXe siècle, la Riviera connut l'occupation italienne pendant la Seconde Guerre mondiale, puis plus de quarante ans de régime communiste sous Enver Hoxha, qui isola l'Albanie du monde et parsema la côte de bunkers en béton armé, aujourd'hui de simples curiosités historiques plutôt que des menaces. Ce n'est que depuis les années 1990 que la Riviera s'est progressivement rouverte, redécouvrant sa vocation méditerranéenne.

Le parc national de Llogara, le seuil de la Riviera

Qui arrive du nord, depuis Vlora, doit d'abord franchir le col de Llogara, plus de 1000 mètres d'altitude au cœur des monts Cérauniens, où hêtraies et forêts de pins noirs cèdent soudain la place à un panorama à couper le souffle sur le mont Çika, la péninsule de Karaburun et le bleu de la mer Ionienne en contrebas. Le parc national de Llogara, créé pour protéger ce microclimat de transition entre montagne et mer, est parcouru de sentiers de randonnée, d'aires de pique-nique parmi les pins et de petits restaurants de montagne où l'on déguste viandes grillées et fromages locaux. La descente vers Dhërmi, avec des dizaines de lacets surplombant la mer, est l'un des tronçons panoramiques les plus spectaculaires des Balkans et constitue le véritable moment où la Riviera albanaise se révèle dans toute sa force paysagère.

Vlora, la porte de la Riviera

Vlora est la ville qui ouvre la Riviera lorsqu'on vient du nord, et c'est aussi un lieu symbolique pour toute la nation albanaise : c'est ici, le 28 novembre 1912, qu'Ismail Qemali proclama l'indépendance vis-à-vis de l'Empire ottoman, un moment encore célébré aujourd'hui sur la place centrale du Drapeau avec son monument de l'Indépendance. Ville portuaire animée, Vlora associe un front de mer moderne à un centre historique au passé multiethnique, avec des influences grecques, ottomanes et italiennes lisibles dans son architecture. C'est d'ici que partent les ferries pour Brindisi, et c'est le point de départ idéal pour explorer la péninsule de Karaburun, aire marine protégée aux eaux cristallines accessible uniquement en bateau, ainsi que les plages encore peu fréquentées à proximité de la ville.

Dhërmi, le village suspendu et ses plages

Dhërmi est en réalité double : le vieux village, perché à mi-pente avec ses églises orthodoxes en pierre et ses ruelles au tracé médiéval, et la bande côtière en contrebas, aujourd'hui cœur de la vie balnéaire de la Riviera avec ses hôtels, ses beach bars et ses établissements qui animent les nuits estivales. Ses plages, dont la célèbre Gjipe accessible seulement à pied ou en bateau à travers un canyon naturel, alternent galets polis et eaux turquoise dignes d'une photographie. Le contraste entre le village ancien, silencieux et ancré dans les traditions paysannes de l'arrière-pays, et la côte mondaine en contrebas illustre bien la double âme de la Riviera albanaise : celle, rurale, de la montagne, et celle, touristique, de la mer.

Himara, l'âme gréco-albanaise de la côte

Himara, l'antique Chimera des colons grecs, est le centre le plus représentatif de la minorité ethnique grecque installée depuis des siècles le long de cette côte : dans les villages de l'arrière-pays himariote, comme Palasa, Kudhës ou Vuno, le grec est encore une langue vivante aux côtés de l'albanais, et les panneaux bilingues racontent une cohabitation aussi ancienne que complexe. Le vieux bourg, au-dessus de la baie, conserve les vestiges d'un château byzantin et des églises orthodoxes aux fresques usées par le temps, tandis que la bande côtière en contrebas est aujourd'hui parsemée d'hôtels et d'établissements balnéaires qui se sont développés rapidement ces dernières années. Les plages d'Himara, dont Livadhi et Potami, alternent galets et sable, avec une mer qui s'approfondit doucement et offre des teintes turquoise particulièrement intenses aux heures centrales de la journée.

Porto Palermo et le château d'Ali Pacha

Dans une baie presque parfaitement circulaire, protégée par une petite péninsule, se dresse l'une des fortifications les plus saisissantes de la Riviera : le château de Porto Palermo, fait construire au XIXe siècle par Ali Pacha de Tepelena, le gouverneur ottoman puissant et sans scrupules qui domina l'Épire et l'Albanie méridionale jusqu'en 1822. La forteresse de plan triangulaire, avec ses meurtrières et ses chemins de ronde en pierre, contrôlait l'accès à l'un des ports naturels les plus sûrs de la côte, utilisé à différentes époques y compris comme base sous-marine durant le régime communiste. On la visite aujourd'hui en quelques minutes, mais le véritable spectacle reste la baie elle-même : des eaux profondes et changeantes, idéales pour le snorkeling, encadrées de collines couvertes de maquis méditerranéen.

Borsh, la plage la plus longue de la Riviera

Avec ses plus de sept kilomètres d'arc côtier, Borsh possède la plage la plus étendue de toute la Riviera albanaise, un littoral de galets et de sable fin dominé par l'une des plus grandes oliveraies historiques des Balkans, dont les arbres compteraient, selon la tradition locale, plusieurs siècles d'existence. Le vieux village, perché sur les hauteurs, conserve les vestiges d'un château byzantin et des églises rupestres peu connues même des voyageurs de la côte. Moins mondaine que Dhërmi ou Ksamil, Borsh est la destination idéale pour qui recherche des plages vastes et moins fréquentées, des dîners à base de poisson frais et la sensation authentique d'une Riviera encore à taille humaine.

Saranda, la ville du soleil sur l'Ionienne

Saranda est aujourd'hui le centre touristique le plus animé de la Riviera méridionale, une ville en amphithéâtre tournée vers une baie vaste et lumineuse, juste en face de l'île grecque de Corfou, visible à l'œil nu par temps clair. Son nom vient du monastère byzantin des Quarante Saints qui s'élevait à proximité, et dans le centre-ville, on peut encore visiter les vestiges d'une synagogue paléochrétienne aux mosaïques de sol du Ve siècle, témoignage d'une communauté juive aussi ancienne que surprenante. Front de mer piétonnier, restaurants de poisson, marchés du soir et un port d'où partent des ferries rapides pour Corfou font de Saranda la base idéale pour explorer toute la Riviera méridionale, de Ksamil à Butrint.

Butrint, le trésor archéologique classé au patrimoine mondial de l'UNESCO

À quelques kilomètres de Saranda, au cœur d'un parc national lagunaire entre le lac de Butrint et le détroit de Corfou, se trouve l'un des sites archéologiques les plus importants des Balkans. Butrint, l'antique Buthrotum, fut colonie grecque, puis municipe romain, siège épiscopal byzantin et enfin forteresse vénitienne, et c'est aujourd'hui un site du patrimoine mondial de l'UNESCO précisément pour cette continuité millénaire d'occupation. En se promenant parmi les chênes verts séculaires, on découvre un théâtre gréco-romain encore utilisé pour des spectacles, le baptistère paléochrétien aux splendides mosaïques, les murs cyclopéens d'époque illyrienne et le château vénitien qui domine la lagune. C'est une visite qui demande du temps : Butrint doit être vécu comme un parcours dans le temps, non comme une simple étape photographique.

Ksamil et les îles du petit archipel

Un peu plus au sud de Butrint, Ksamil est devenue ces dernières années le symbole photographique de la Riviera albanaise : un petit village de pêcheurs transformé en destination balnéaire grâce à un archipel de quatre îlots accessibles à la nage ou en bateau, entourés d'eaux peu profondes et transparentes souvent comparées à celles des Maldives. Les plages de Ksamil, en particulier Bora Bora Beach et Paradise Beach, offrent une mer calme adaptée même aux familles avec enfants, tandis que les restaurants du front de mer servent du poisson tout juste pêché et des plats de la tradition gréco-albanaise, reflet de la minorité hellénique historiquement installée dans cette partie de la côte, à deux pas de la frontière grecque et de l'île de Corfou.

Entre les monts Cérauniens et la mer : le paysage de la Riviera

Ce qui rend la Riviera albanaise unique, c'est sa géographie extrême : la chaîne des monts Cérauniens, qui dépasse par endroits les 2000 mètres, plonge presque verticalement dans la mer Ionienne, laissant très peu d'espace plat le long de la côte. Cela signifie des plages souvent accessibles seulement par des routes panoramiques en lacets, des baies isolées visitables en bateau, un arrière-pays sauvage couvert de maquis méditerranéen, d'oliviers millénaires et de bois de chênes. Les eaux, alimentées par des sources karstiques de montagne, comptent parmi les plus limpides de la Méditerranée, avec une visibilité qui dépasse souvent vingt mètres. Cette mosaïque de montagne et de mer abrite une faune encore riche, parmi laquelle des rapaces, des tortues marines Caretta caretta le long de certaines plages et, à l'intérieur des terres, des populations reliques de chamois des Balkans.

Saveurs et traditions populaires de la côte

La cuisine de la Riviera reflète sa double orientation, montagnarde et maritime : huile d'olive extra vierge pressée à partir des oliviers séculaires de Borsh et Dhërmi, poisson grillé servi avec citron et origan sauvage, le byrek fourré au fromage ou aux légumes, la trahana faite maison et le gliko, fruits confits servis en signe de bienvenue selon la coutume balkanique. Dans les villages de tradition grecque, comme Himara et ses environs, on cuisine encore des plats transmis par les familles orthodoxes, tandis que dans les tavernes de Saranda et Ksamil règne le poisson du jour accompagné de raki maison, l'eau-de-vie de raisin omniprésente dans chaque toast albanais. Les fêtes religieuses orthodoxes et musulmanes s'entremêlent dans le calendrier local, témoignage d'une cohabitation séculaire qui rend cette côte culturellement plus composite que ne le laisse penser le tourisme balnéaire.

Quand partir et comment vivre la Riviera albanaise

La saison idéale s'étend de mai à début octobre, avec le pic touristique en juillet et août, lorsque les plages les plus célèbres comme Ksamil et Dhërmi peuvent se remplir de visiteurs albanais, kosovars et internationaux. Ceux qui recherchent la tranquillité feront bien de considérer juin ou septembre, des mois où la mer est déjà chaude mais où les prix sont plus abordables et les littoraux moins fréquentés. La Riviera se découvre bien sur la route, en louant une voiture pour affronter la spectaculaire SH8 côtière entre Vlora et Saranda, en alternant haltes balnéaires, randonnées dans le parc de Llogara et visites culturelles à Butrint. Il est conseillé de réserver son hébergement à l'avance en haute saison, tandis que hors saison de nombreux établissements restent fermés jusqu'au printemps avancé.

  • Franchir le col de Llogara au coucher du soleil, avec vue sur la péninsule de Karaburun
  • Faire du snorkeling dans la baie du château de Porto Palermo
  • Se perdre parmi les ruines et la lagune du site archéologique de Butrint
  • Nager jusqu'aux îlots de Ksamil ou les explorer en bateau
  • Dîner de poisson frais sur le front de mer de Saranda
  • Marcher dans le canyon qui mène à la plage de Gjipe, près de Dhërmi
  • Goûter l'huile d'olive et le raki dans les villages de collines de Borsh et Himara
  • Monter au vieux bourg de Dhërmi ou d'Himara pour un panorama sur la côte

FAQ

Come si arriva alla Riviera Albanese?
Il modo più comodo è atterrare all'aeroporto di Tirana e proseguire in auto verso sud, oppure prendere un traghetto da Brindisi o Corfù rispettivamente per Valona e Saranda.
Qual è il periodo migliore per visitarla?
Da maggio a ottobre, con il picco a luglio-agosto; giugno e settembre offrono mare caldo e meno affollamento.
Cosa vedere in un solo giorno?
Un itinerario compatto tra Saranda, Butrinto e Ksamil permette di unire archeologia e spiagge in una giornata, partendo presto al mattino.
È adatta alle famiglie con bambini?
Sì, specialmente Ksamil e alcune baie di Dhërmi hanno acque basse e calme, ideali per i più piccoli.
Conviene noleggiare un'auto?
Sì, la costa si estende per oltre cento chilometri e i collegamenti pubblici sono limitati; l'auto permette di fermarsi liberamente nelle baie panoramiche.
Quanti giorni servono per visitarla bene?
Almeno quattro o cinque giorni, per alternare le tappe di Valona, Dhërmi, Himara, Porto Palermo, Borsh, Saranda, Butrinto e Ksamil senza fretta.

Comment y arriver

En avion
  • Aeroporto Internazionale di Tirana 'Nënë Tereza', circa 3 ore d'auto da Saranda
  • Aeroporto di Corfù (Grecia), collegato a Saranda via traghetto in circa 30-40 minuti
En voiture
  • La SH8, strada costiera panoramica, collega Valona a Saranda attraversando il Passo di Llogara, Dhërmi, Himara, Porto Palermo e Borsh; il tratto di montagna richiede guida prudente per i tornanti.
Conseil
  • In alta stagione partire presto al mattino per evitare il traffico sui tornanti della Llogara e trovare parcheggio nelle baie più richieste come Gjipe e Ksamil.

Parfait pour

Mare

Spiagge di ciottoli e acque cristalline da Dhërmi a Ksamil, tra le più limpide del Mediterraneo.

Storia

Duemilacinquecento anni di storia stratificata, dalle colonie greche a Butrinto fino ai castelli ottomani.

Natura

Il Parco Nazionale della Llogara e i monti Ceraunia regalano panorami mozzafiato tra montagna e mare.

Gastronomia

Olio d'oliva secolare, pesce fresco e raki nelle taverne dei villaggi costieri.

Avventura

Escursioni, snorkeling e canyon costieri come quello che conduce alla spiaggia di Gjipe.

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