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Il existe un pays resté, pendant un demi-siècle, hors des cartes du tourisme européen, scellé derrière des barbelés et plus de sep...

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Il existe un pays resté, pendant un demi-siècle, hors des cartes du tourisme européen, scellé derrière des barbelés et plus de sept cent mille bunkers de béton, et qui s'offre aujourd'hui au voyageur presque intact : c'est l'Albanie, la rive orientale de l'Adriatique et de la mer Ionienne que l'Italie aperçoit à l'horizon les jours clairs depuis Otrante ou Santa Maria di Leuca. Ici, l'histoire s'est stratifiée sans hâte : les tribus illyriennes, les colonies grecques, les voies romaines de la Via Egnatia, les mosaïques byzantines, quatre siècles de domination ottomane et enfin l'expérience la plus radicale du communisme européen, celle d'Enver Hoxha. Le résultat est un pays de contrastes nets et fascinants, où des villes classées au patrimoine de l'Unesco comme Berat et Gjirokastra côtoient une capitale, Tirana, qui s'est réinventée en couleurs après des décennies de grisaille ; où les plages de galets blancs et l'eau turquoise de la Riviera ionienne n'ont rien à envier aux côtes les plus célèbres de la Méditerranée, et où les Alpes albanaises, justement appelées Bjeshkët e Namuna, les Montagnes maudites, abritent des vallées reculées accessibles seulement à pied ou en ferry lacustre. C'est une Albanie qui se visite avec la curiosité de celui qui découvre, non avec la hâte de celui qui coche des lieux sur une liste : le temps y garde encore l'authenticité des Balkans, les distances se mesurent en heures de virages en épingle plutôt qu'en kilomètres, et chaque étape - un château, un lac, une table bien garnie - raconte un fragment d'une histoire étonnamment proche de la nôtre.

Mis à jour le 8 juillet 2026

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Le récit

L'histoire de Albania

Les origines : Illyriens, Grecs et Romains

Le territoire de l'actuelle Albanie fut habité dès l'Antiquité par les tribus illyriennes, peuples indo-européens qui contrôlèrent pendant des siècles les routes entre l'Adriatique et les Balkans intérieurs, souvent en conflit et en échange commercial avec les colonies grecques installées sur la côte, comme Apollonia et Épidamne, l'actuelle Durrës. Rome absorba progressivement ces royaumes entre le IIIe et le IIe siècle avant J.-C., après les guerres illyriennes, et fit de cette terre un carrefour stratégique : la Via Egnatia, la grande route reliant l'Adriatique à Byzance, partait précisément d'ici, transportant avec elle commerce, légions et idées. Aujourd'hui encore, les vestiges d'Apollonia et surtout de Butrint racontent cette époque de cités florissantes, de théâtres, de thermes et de forums donnant sur une mer qui était déjà, à tous égards, un trait d'union entre Rome et l'Orient.

L'épopée ottomane et Skanderbeg

Après le déclin de Byzance, l'Albanie entra dans l'orbite ottomane à partir du XVe siècle, non sans résistance : Gjergj Kastrioti, universellement connu sous le nom de Skanderbeg, dirigea pendant plus de vingt ans, de 1443 à 1468, une ligue de principautés albanaises qui tint tête aux armées du sultan, au point d'être considéré comme le défenseur de la chrétienté européenne et, aujourd'hui encore, comme le symbole national par excellence, son aigle bicéphale figurant sur le drapeau. Une fois la résistance tombée après sa mort, l'Albanie resta sous domination ottomane pendant près de quatre siècles, une époque qui a laissé des traces profondes dans l'architecture, la cuisine, la toponymie et la diffusion de l'islam aux côtés des communautés chrétiennes orthodoxes et catholiques, dans une mosaïque religieuse qui reste aujourd'hui l'un des traits distinctifs du pays.

Indépendance, guerres et le régime de Hoxha

L'indépendance fut proclamée en 1912 à Vlora, mais le XXe siècle albanais fut tout sauf tranquille : une brève monarchie dirigée par le roi Zog, l'occupation italienne de 1939 puis l'occupation nazie, suivies de la Libération en 1944 sous la conduite des partisans communistes menés par Enver Hoxha. C'est alors que commença l'un des régimes les plus isolationnistes et rigides d'Europe, aligné d'abord sur Moscou puis sur Pékin, jusqu'à la rupture totale avec l'étranger en 1978 : religion interdite, propriété privée abolie, frontières verrouillées et un paysage constellé de plus de sept cent mille bunkers défensifs, dont beaucoup sont encore visibles le long des routes et des plages, devenus aujourd'hui une curieuse attraction et un rappel silencieux de ces années.

La renaissance, de 1991 à aujourd'hui

La chute du régime entre 1990 et 1991 ouvrit une phase tumultueuse, marquée par une émigration massive vers l'Italie et la Grèce et par l'effondrement, en 1997, des systèmes pyramidaux financiers qui plongea le pays dans le chaos. Depuis lors, l'Albanie a patiemment reconstruit ses institutions et son économie, obtenant le statut de pays candidat à l'Union européenne en 2014 et l'ouverture des négociations d'adhésion en 2022. Le tourisme, quasi inexistant il y a encore peu, est aujourd'hui l'un des principaux moteurs de la croissance : la Riviera a été découverte par des voyageurs européens en quête de côtes encore authentiques, tandis que Tirana et les villes historiques attirent un public de plus en plus curieux de comprendre un pays qui, si proche géographiquement de l'Italie, reste pour beaucoup étonnamment méconnu.

Tirana, la capitale qui s'est repeinte

Tirana n'a pas le charme immédiat des capitales européennes les plus photographiées, mais c'est justement ce qui la rend surprenante : dans les années 2000, le maire et artiste Edi Rama fit repeindre de couleurs vives les façades grises des immeubles de l'époque socialiste, un geste symbolique devenu le manifeste de la renaissance de la ville. Aujourd'hui, la capitale mêle la place Skanderbeg et sa statue équestre, la mosquée Et'hem Bey du XVIIIe siècle, la Pyramide de Tirana - ancien mausolée de Hoxha reconverti en centre culturel - et le quartier de Blloku, autrefois réservé à la nomenklatura communiste et aujourd'hui cœur battant des bars, restaurants et de la vie nocturne. Le musée BunkArt, installé dans un véritable bunker antiatomique, raconte sans détour les années de dictature et constitue une étape presque incontournable pour comprendre le pays.

Berat, la ville aux mille fenêtres

Berat est probablement l'image la plus reconnaissable de l'Albanie : des rangées de maisons ottomanes blanches à plusieurs étages, aux grandes fenêtres alignées les unes au-dessus des autres, grimpent sur la colline jusqu'à la citadelle fortifiée qui domine la vallée de l'Osum. La vieille ville, partagée entre le quartier de Mangalem au pied du château et celui de Gorica sur la rive opposée, reliés par un pont ottoman, a été classée au patrimoine mondial de l'Unesco en 2008 aux côtés de Gjirokastra, précisément pour cette extraordinaire harmonie urbaine. À l'intérieur des remparts de la citadelle, toujours habitée, se trouvent des églises byzantines abritant les icônes du maître Onufri, l'un des grands peintres religieux balkaniques du XVIe siècle, ainsi qu'une Mosquée rouge qui rappelle la longue coexistence entre différentes confessions dans cette même ville.

Gjirokastra, la ville de pierre

Plus au sud, dans la vallée de la Drina, Gjirokastra - Gjirokastër en albanais - constitue l'autre moitié du site Unesco partagé avec Berat : une ville entièrement construite en pierre grise, toits compris, perchée sous une imposante forteresse ottomane qui abrite aujourd'hui un musée des armes et, tous les cinq ans, le célèbre Festival national du folklore. Les maisons-tours fortifiées de la vieille ville, avec leurs cours intérieures et leurs chambres d'hôtes séparées de celles de la famille, racontent l'organisation sociale albanaise traditionnelle mieux que n'importe quel livre d'histoire. Gjirokastra est aussi la ville natale d'Enver Hoxha et de l'écrivain Ismail Kadaré, le plus grand auteur albanais contemporain, qui a précisément raconté ces pierres dans ses romans.

Butrint, la ville ensevelie par le temps

Nichée dans un parc national sur les rives du canal de Vivari, en face de l'île grecque de Corfou, le site archéologique de Butrint est l'un des plus stratifiés des Balkans : un théâtre grec, des thermes et un baptistère paléochrétien aux splendides mosaïques, une basilique byzantine et enfin une forteresse vénitienne s'y superposent, dans un espace enveloppé de végétation méditerranéenne et d'eaux saumâtres peuplées d'oiseaux migrateurs. Classé au patrimoine mondial de l'Unesco dès 1992, Butrint se visite lentement, idéalement au coucher du soleil, quand la lumière filtrant à travers les chênes verts rend plus saisissant encore le silence d'une ville habitée sans interruption pendant plus de deux mille cinq cents ans avant d'être lentement engloutie par le marais.

La Riviera albanaise : mer Ionienne et côtes sauvages

La route côtière qui descend vers le sud depuis Vlora, franchissant le col de Llogara à plus de mille mètres avec une vue à couper le souffle sur le golfe, ouvre les portes de la Riviera albanaise : des criques de galets blancs et d'eau transparente à Dhërmi et Himarë, des plages plus mondaines et mieux équipées à Saranda, et la célèbre Ksamil, un archipel d'îlots accessibles à la nage devenu ces dernières années l'image emblématique de la mer albanaise sur les réseaux sociaux. C'est une côte qui croît à un rythme vertigineux, avec de nouveaux complexes hôteliers et établissements venant s'ajouter aux villages de pêcheurs, mais qui conserve encore des traits authentiques à l'intérieur des terres, où oliveraies et hameaux de pierre restent à l'écart du flux touristique principal, surtout en dehors des mois centraux de l'été.

Le lac d'Ohrid et sa rive albanaise

L'un des lacs les plus anciens et les plus profonds d'Europe, formé il y a des millions d'années, le lac d'Ohrid est partagé entre la Macédoine du Nord et l'Albanie et abrite des espèces endémiques uniques au monde, comme la truite d'Ohrid. Si la rive macédonienne, avec la ville du même nom, est la plus connue et celle reconnue par l'Unesco, la rive albanaise, autour de Pogradec et du village de Lin, posé sur une petite péninsule avec les vestiges d'une basilique paléochrétienne à mosaïques, offre la même eau limpide dans une atmosphère plus paisible et moins touristique, idéale pour qui recherche le charme du même paysage sans la foule estivale de la rive opposée.

Shkodra et son lac, porte du Nord

Shkodra est l'une des plus anciennes villes des Balkans, carrefour historique entre le monde vénitien, le monde ottoman et les tribus des montagnes du nord. La ville est dominée par la forteresse de Rozafa, enveloppée d'une légende de sacrifice et de mur d'emmurement que chaque guide local raconte avec la même intensité que celle transmise depuis des générations, et d'où le regard embrasse le lac de Shkodra, le plus vaste d'Europe méridionale, partagé avec le Monténégro et refuge de centaines d'espèces d'oiseaux aquatiques. La ville, avec ses églises, la grande Mosquée de Plomb et un centre piétonnier animé, est aussi la base idéale pour qui remonte vers les montagnes du nord.

Les Alpes albanaises : Theth et Valbona

Au nord-est de Shkodra s'élèvent les Alpes albanaises, également appelées Bjeshkët e Namuna, les Montagnes maudites, un massif calcaire escarpé dont la difficulté d'accès a préservé jusqu'à aujourd'hui un mode de vie pastoral archaïque, encore en partie régi par le kanun, l'ancien code de lois coutumières albanaises. Les vallées de Theth, avec son église isolée et le spectaculaire canyon de Grunas, et de Valbona, point de départ de la randonnée la plus célèbre du pays via le col de Valbona, ne se rejoignent souvent qu'en 4x4 ou, depuis Koman, par un ferry traversant un lac artificiel encaissé entre des parois rocheuses, l'un des plus beaux trajets en bateau d'Europe.

Cuisine, hospitalité et culture populaire

La cuisine albanaise est un pont entre Méditerranée et Balkans : le byrek, feuilleté fourré au fromage, à la viande ou aux épinards, accompagne presque chaque repas au même titre que le pain ; la tavë kosi, agneau au four au yaourt et aux œufs, et la fërgesë, poivrons et fromage mijotés, témoignent de l'héritage ottoman ; sur la côte règnent le poisson et les fruits de mer grillés avec simplicité. Le raki, eau-de-vie de raisin ou de fruits offerte en signe de bienvenue, ne manque jamais, dans un pays où la besa, la parole donnée, et l'hospitalité envers l'étranger restent des valeurs quasi sacrées, ancrées précisément dans le kanun. Dans les villages de montagne, où le temps s'écoule plus lentement, il arrive encore que l'on soit invité à table par quelqu'un que l'on vient tout juste de rencontrer.

  • Flâner parmi les maisons ottomanes de Berat au coucher du soleil, quand les fenêtres s'allument les unes après les autres
  • Se perdre dans les ruelles de pierre de Gjirokastra et monter à la forteresse pour admirer la vallée de la Drina
  • Nager parmi les ruines et les mosaïques de Butrint, avec Corfou visible à l'horizon
  • Se baigner parmi les îlots de Ksamil ou dans les criques de Dhërmi et Himarë
  • Traverser le lac de Koman en ferry pour rejoindre Valbona
  • Marcher de Valbona à Theth en passant par le col de Valbona
  • Découvrir les couleurs et les bunkers-musées de Tirana, de Blloku à BunkArt
  • Chercher les mosaïques paléochrétiennes du village de Lin, sur le lac d'Ohrid

Quand partir et comment vivre l'Albanie

La fin du printemps, de mai à la mi-juin, et le début de l'automne, septembre et début octobre, sont les meilleures périodes : la mer est déjà chaude ou l'est encore, les températures de l'intérieur des terres sont agréables pour marcher, et la Riviera n'est pas encore prise d'assaut par le tourisme de juillet et août, quand les prix et l'affluence augmentent surtout sur la côte. Les montagnes du nord ne s'ouvrent vraiment que de juin à septembre, car en hiver la neige et les éboulements peuvent isoler Theth et Valbona pendant des semaines. Ceux qui aiment la culture et les villes peuvent voyager pratiquement toute l'année, avec des hivers doux sur la côte et à Tirana, tandis que l'intérieur montagneux reste rigoureux et doit être abordé avec l'équipement adéquat.

FAQ

Quanti giorni servono per visitare l'Albania?
Per un primo assaggio tra Tirana, Berat, Argirocastro e la Riviera bastano 7-8 giorni; per aggiungere anche le Alpi Albanesi e i laghi di Ohrid o Scutari è meglio contare almeno due settimane.
Come ci si sposta tra le città?
La rete ferroviaria è molto limitata, quindi il modo più pratico è l'auto a noleggio o i furgon, i minibus condivisi che collegano quasi ogni destinazione a costi contenuti ma con orari poco fissi.
L'Albania è una meta adatta alle famiglie con bambini?
Sì, soprattutto la Riviera con le sue acque basse e calme come a Ksamil, mentre i trekking di montagna e le strade di tornanti come il passo di Llogara sono più adatti a bambini più grandi.
Serve il passaporto per entrare in Albania?
Per i cittadini italiani è sufficiente la carta d'identità valida per l'espatrio, essendo l'Albania un paese candidato UE che applica facilitazioni di ingresso ai cittadini europei.
Cosa vedere se si ha solo un giorno a disposizione?
Concentrarsi su una sola tappa densa, ad esempio il centro storico di Berat o quello di Argirocastro con la sua fortezza, piuttosto che disperdersi in più luoghi lontani tra loro.
Si può pagare in euro in Albania?
L'euro è ampiamente accettato in molte strutture turistiche della costa, ma la moneta ufficiale resta il lek e per mercati, trasporti locali e piccoli esercizi conviene avere contante in lek.

Comment y arriver

En avion
  • Aeroporto Internazionale di Tirana Madre Teresa (Rinas), circa 17 km dalla capitale, il principale scalo del paese con voli diretti da molte città italiane
  • Aeroporto Internazionale di Valona, scalo più recente sulla costa sud-occidentale, utile per chi punta direttamente alla Riviera
En train
  • Rete ferroviaria limitata e poco sviluppata, di scarsa utilità turistica: i collegamenti principali restano su gomma
En voiture
  • Si entra via terra dal Montenegro (valico presso Podgorica-Hani i Hotit, vicino a Scutari), dalla Grecia (valico di Kakavijë, vicino ad Argirocastro), dal Kosovo e dalla Macedonia del Nord (verso Pogradec, sul lago di Ohrid); molti viaggiatori italiani arrivano invece in traghetto da Bari, Brindisi o Ancona verso Durazzo o Valona, oppure da Corfù verso Saranda.
Conseil
  • Noleggiare un'auto è quasi indispensabile per esplorare a fondo il paese: le strade di montagna richiedono attenzione e tempi di percorrenza più lunghi di quanto suggerisca la distanza sulla mappa, quindi meglio pianificare tappe brevi ma dense.

Parfait pour

Mare

La Riviera ionica tra Dhërmi, Himarë e Ksamil regala calette di ciottoli bianchi e acque turchesi ancora a prezzi contenuti rispetto al resto del Mediterraneo.

Storia e cultura

Berat, Argirocastro e Butrinto raccontano duemilacinquecento anni di stratificazioni, dai greci ai romani, dagli ottomani ai comunisti.

Montagna e avventura

Le Alpi Albanesi tra Theth e Valbona e la traversata in traghetto del lago di Koman offrono trekking ed esperienze naturalistiche tra le più autentiche d'Europa.

Laghi e natura

I laghi di Ohrid e Scutari, tra i più antichi e vasti del continente, custodiscono ecosistemi unici e villaggi rivieraschi ancora fuori dai grandi flussi turistici.

Sapori

Byrek, tavë kosi, pesce alla griglia e raki di benvenuto raccontano un'ospitalità popolare che affonda le radici nell'antico codice del kanun.

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