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Ulcinj

Dans les registres d'assurance des compagnies maritimes vénitiennes du XVIIe siècle, le nom d'Ulcinj apparaissait accompagné d'une...

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Dans les registres d'assurance des compagnies maritimes vénitiennes du XVIIe siècle, le nom d'Ulcinj apparaissait accompagné d'une mention de risque : les navires qui devaient longer ce tronçon de l'Adriatique payaient des primes plus élevées, car c'est de ces côtes que partaient les corsaires les plus redoutés du bas Adriatique. Aujourd'hui, la ville la plus méridionale du Monténégro, à deux pas de la frontière albanaise, conserve encore cette double nature : refuge imprenable perché sur un promontoire rocheux et étendue de sable qui se perd à perte de vue vers l'embouchure de la Bojana. Ulcinj — appelée Ulqin en albanais, langue parlée par la grande majorité de ses habitants — est un carrefour où alphabets et cuisines se sont mêlés pendant deux mille cinq cents ans, des colons grecs aux légionnaires romains, des marchands vénitiens aux gouverneurs ottomans, jusqu'à l'annexion au Monténégro entérinée, non sans résistance, en 1880. Le résultat est une ville qui ne ressemble à aucune autre étape de la côte monténégrine : pas de marina scintillante, mais une vieille ville de pierre sombre, douze kilomètres de plage libre, une île fluviale où le vent ne cesse jamais de souffler, et des salines silencieuses où se posent les flamants roses. Qui arrive à Ulcinj en cherchant seulement la mer trouve bien davantage : une frontière culturelle encore vivante, une cuisine qui embaume à la fois les Balkans et la Méditerranée, un rythme lent que le tourisme de masse n'a pas encore tout à fait entamé.

Mis à jour le 8 juillet 2026

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Le récit

L'histoire de Ulcinj

Les corsaires d'Ulcinj

Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, Ulcinj fut l'une des bases corsaires les plus actives de la Méditerranée orientale, ne cédant en réputation qu'aux ports nord-africains. Profitant des criques rocheuses et de la proximité des routes reliant Venise au Levant, les équipages ulcinjotes — souvent composés de renégats d'origines diverses convertis à l'islam — attaquaient les navires marchands et les ramenaient au port avec leur cargaison et leurs prisonniers, ensuite vendus sur le marché aux esclaves de la ville. Une tradition locale, davantage transmise que documentée, veut que Miguel de Cervantès lui-même ait compté parmi les prisonniers passés par Ulcinj : une légende que la ville n'a jamais cessé de raconter, et qui survit aujourd'hui surtout dans des plaques commémoratives et des anecdotes plus que dans des preuves historiques avérées. C'est précisément cette réputation de port hors-la-loi qui fit d'Ulcinj, pendant deux siècles, un nom redouté sur toute la côte adriatique.

Vénitiens et Ottomans : une ville qui change de pavillon

Avant les corsaires, Ulcinj avait déjà changé plusieurs fois de maître. Fondée, selon la légende locale, par des colons venus de Colchide sur les traces des Argonautes, et historiquement peuplée par des tribus illyriennes, la ville passa sous contrôle romain après la conquête de l'Illyrie, puis entra dans l'orbite byzantine. Avec l'arrivée des populations slaves au haut Moyen Âge, elle rejoignit les possessions de la Zeta, noyau ancien du Monténégro, avant de tomber, à partir de 1421, sous la République de Venise, qui en renforça les remparts et en fit un avant-poste maritime. En 1571, la conquête ottomane ouvrit une phase longue de près de trois siècles, durant laquelle la ville prospéra comme centre corsaire et carrefour commercial, gouvernée aussi par de puissants seigneurs locaux tels que Kara Mahmud Pascià Bushati, qui en fit un temps une sorte de petit État semi-indépendant aux marges de l'empire.

Ulqin, l'âme albanaise de la ville

Le Congrès de Berlin de 1878 attribua Ulcinj à la Principauté du Monténégro, mais la population locale, en grande partie albanaise et liée à la Ligue de Prizren, opposa une résistance telle que l'annexion effective n'eut lieu qu'en 1880, après une démonstration navale des puissances européennes devant la ville. Depuis lors, Ulcinj est restée un cas unique dans le pays : la municipalité à majorité albanaise du Monténégro, où l'albanais est coofficiel, où les panneaux routiers sont bilingues et où le nom d'Ulqin circule autant que sa forme slave. Cette double identité se respire en flânant parmi les cafés du centre, dans les boutiques de la vieille ville et dans les fêtes religieuses musulmanes et chrétiennes qui cohabitent dans le calendrier local, faisant d'Ulcinj un pont culturel plutôt qu'une frontière entre le Monténégro et l'Albanie, distante de quelques kilomètres au sud.

Stari Grad, la vieille ville sur le promontoire

Perchée sur un éperon de roche calcaire tombant à pic sur l'Adriatique, la vieille ville d'Ulcinj est enserrée par des remparts qui, dans leur forme actuelle, remontent en grande partie à l'époque vénitienne et ottomane, mais reposent sur des fondations anciennes maintes fois reconstruites. Une fois franchie la porte d'entrée, les ruelles pavées mènent à une petite place qui porte encore le nom de Place des Esclaves, souvenir direct du rôle que la ville joua dans le commerce corsaire. Entre les maisons de pierre s'ouvrent un petit musée municipal, les vestiges d'une mosquée et des points de vue qui embrassent la mer ouverte jusqu'à l'embouchure de la Bojana et, par temps clair, jusqu'aux côtes albanaises. Le séisme de 1979, qui frappa durement ce tronçon de côte, a laissé des cicatrices encore visibles sur certains édifices, mais n'a pas entamé le charme suspendu de ce noyau fortifié.

Velika Plaža, la plage longue de douze kilomètres

Velika Plaža, littéralement « grande plage », s'étend sur environ douze kilomètres entre la périphérie d'Ulcinj et l'embouchure de la rivière Bojana, et constitue l'une des étendues de sable continues les plus longues de tout l'Adriatique. Le fond marin descend en pente douce, le sable est sombre et fin, et par endroits il se mêle à une boue minérale utilisée depuis l'époque austro-hongroise pour des soins thermaux et des cures rhumatologiques, au point d'avoir donné naissance à un petit établissement de cure le long du rivage. La longueur de la plage permet de trouver, selon le tronçon, des kiosques et des établissements balnéaires aménagés, des étendues libres et plus sauvages vers l'embouchure de la rivière, ou des coins prisés des sportifs grâce aux vents constants qui soufflent surtout dans la partie méridionale, vers Ada Bojana.

Ada Bojana, l'île des pêcheurs et du vent

Là où la rivière Bojana rejoint la mer, les sédiments charriés par le courant ont bâti au fil des siècles une île triangulaire qui marque aujourd'hui aussi la frontière naturelle avec l'Albanie : Ada Bojana. Le paysage est ponctué des typiques cabanes de pêcheurs sur pilotis en bois, utilisées par les pêcheurs locaux pour la pêche au grand filet immergé, une technique transmise de génération en génération. Depuis les années 1970, l'île est également devenue l'une des destinations naturistes historiques de l'ex-Yougoslavie, avec un tronçon de plage dédié au nudisme qui cohabite avec des zones plus traditionnelles. Le vent constant qui souffle presque toute l'année le long du delta a fait d'Ada Bojana l'une des destinations de kitesurf les plus réputées des Balkans, fréquentée par des passionnés qui viennent spécialement pour les conditions régulières de Mistral et de Bora.

Les salines d'Ulcinj et le vol des flamants roses

Juste aux abords de la ville s'étendent les salines d'Ulcinj, une mosaïque de bassins d'eau saumâtre construite à l'époque vénitienne pour la production de sel et restée en activité jusqu'à il y a quelques années. Aujourd'hui, l'exploitation est en grande partie à l'arrêt, mais l'écosystème qui s'est formé autour des bassins est devenu l'un des habitats pour oiseaux aquatiques les plus importants de tout l'Adriatique, une étape fondamentale pour les espèces migratrices qui remontent la côte balkanique. Entre roselières et miroirs d'eau peu profonde, on observe régulièrement des flamants roses, ainsi que des dizaines d'autres espèces de limicoles, de hérons et de rapaces, qui ont fait des salines un haut lieu de l'observation ornithologique au Monténégro, objet ces dernières années de campagnes en faveur de leur protection et de leur reconversion naturaliste.

Valdanos, la baie des oliviers séculaires

À quelques kilomètres du centre, sur la côte rocheuse au nord d'Ulcinj, s'ouvre la petite baie de Valdanos, accessible en descendant à travers une oliveraie qui compte des arbres séculaires, dont certains sont estimés vieux de plusieurs centaines d'années. C'est l'un des paysages agricoles les plus caractéristiques de la côte monténégrine, témoignage d'une tradition oléicole qui remonte au moins à l'époque vénitienne et qui alimente encore aujourd'hui de petits moulins à huile locaux. La baie elle-même, resserrée entre les rochers et ombragée par les oliviers qui descendent presque jusqu'à l'eau, offre une alternative plus intime et silencieuse à l'étendue ouverte de Velika Plaža, avec une mer limpide propice aussi au snorkeling le long de la côte découpée.

Saveurs levantines, entre poisson, huile et byrek

La cuisine d'Ulcinj raconte la même histoire de croisements que la ville : les plats de poisson grillé et les risottos aux fruits de mer, partagés avec le reste de la côte monténégrine, côtoient des spécialités de nette inspiration balkano-ottomane, comme le byrek farci au fromage, à la viande ou aux légumes, très répandu dans les boulangeries du centre. L'huile extra vierge produite dans les oliveraies de Valdanos et des campagnes environnantes est un ingrédient récurrent, tout comme les légumes grillés et les fromages locaux servis en entrée. Dans les cafés de la vieille ville, on respire une atmosphère plus proche de Shkodra et de Tirana que de Kotor ou Budva, avec le rituel du café turc ou du çaj accompagné de douceurs en pâte filo, tandis que dans les restaurants du front de mer, le poisson du jour ne manque jamais, accompagné des vins de la région voisine de Crmnica.

Le front de mer moderne et les environs d'Ulcinj

Au-delà de la vieille ville, Ulcinj se développe en un centre plus récent, reconstruit et agrandi surtout après le séisme de 1979, avec un front de mer animé de cafés, de boutiques et d'un petit port de plaisance. Dans l'arrière-pays et le long de la côte, les environs offrent d'autres haltes : le village de Štoj, point de passage vers la frontière albanaise, le lac de Šas, bassin d'eau douce lui aussi refuge pour l'avifaune, et la péninsule d'Ostros, avec ses criques plus retirées. Vers le sud, la route côtière mène en quelques minutes au poste-frontière avec l'Albanie, ce qui fait d'Ulcinj une base pratique aussi pour qui souhaite visiter Shkodra ou les plages albanaises voisines le temps d'une journée, soulignant une fois de plus la position charnière de cette ville entre deux pays et deux cultures.

Quand partir et comment vivre Ulcinj

La pleine saison balnéaire va de juin à septembre, juillet et août étant les mois les plus fréquentés, surtout sur Velika Plaža et dans la vieille ville ; ceux qui recherchent une mer chaude mais moins de monde peuvent opter pour juin ou la première quinzaine de septembre. Le printemps, entre avril et mai, est le meilleur moment pour visiter les salines, en pleine migration des oiseaux, et c'est aussi la saison où le vent commence à souffler plus régulièrement sur Ada Bojana, idéale pour les amateurs de kitesurf jusqu'à fin octobre. L'hiver, doux pour les standards adriatiques, vide la ville mais laisse intact le charme de la vieille ville et permet de tranquilles promenades le long de la plage, dans un cadre bien plus authentique et moins touristique.

  • Se promener entre les remparts et les ruelles de Stari Grad jusqu'à la Place des Esclaves
  • Parcourir toute la Velika Plaža jusqu'à l'embouchure de la Bojana
  • Essayer le kitesurf ou simplement observer les cerfs-volants sur Ada Bojana
  • Observer les oiseaux entre les bassins des salines, surtout au printemps
  • Descendre à l'ombre des oliviers séculaires jusqu'à la baie de Valdanos
  • Goûter le byrek et le café turc dans un café de la vieille ville

FAQ

Come si raggiunge Ulcinj?
L'aeroporto più vicino è quello di Podgorica, a circa 70 km; in alternativa si può volare su Tirana, in Albania, distante circa 110 km, e proseguire in auto o bus lungo la costa.
Qual è il periodo migliore per visitarla?
Giugno e settembre offrono mare caldo con meno folla; la primavera è ideale per il birdwatching alle saline, mentre l'estate piena richiama il pubblico più numeroso su Velika Plaža.
Cosa vedere se si ha solo un giorno?
Si può concentrare la visita sulla città vecchia (Stari Grad) al mattino, un pranzo in centro e il pomeriggio a Velika Plaža o, in alternativa, una gita ad Ada Bojana.
Dove si parcheggia per visitare la città vecchia?
Ai piedi della fortezza si trovano aree di sosta a pagamento; nei mesi estivi conviene arrivare presto o lasciare l'auto nel centro nuovo e proseguire a piedi.
Ulcinj è adatta a famiglie con bambini?
Sì: gran parte di Velika Plaža ha fondali bassi e digradanti, adatti ai più piccoli, mentre la città vecchia si visita facilmente anche con passeggino nei tratti principali.
Ad Ada Bojana è tutto nudista?
No: il naturismo è concentrato in un tratto specifico dell'isola, mentre il resto della spiaggia e le aree dedicate al kitesurf seguono le regole balneari tradizionali.

Comment y arriver

En avion
  • Aeroporto di Podgorica, circa 70 km
  • Aeroporto di Tirana-Rinas (Albania), circa 110 km
En train
  • Stazione ferroviaria di Bar, circa 25 km, sulla linea Bar–Beograd (Ulcinj non ha una propria stazione)
En voiture
  • Da nord si arriva lungo la strada costiera adriatica (Jadranska magistrala) via Bar e Budva; da sud si entra dall'Albania attraverso il valico di Muriqan/Sukobin, vicino a Scutari.
Conseil
  • Conviene noleggiare un'auto o uno scooter per raggiungere comodamente Ada Bojana, le saline e Valdanos, punti poco serviti dai mezzi pubblici.

Parfait pour

Mare e spiagge

Da Velika Plaža alle calette di Valdanos, Ulcinj offre una delle costiere sabbiose più lunghe dell'Adriatico insieme a insenature più raccolte tra gli ulivi.

Sport e vento

Ada Bojana è una delle capitali balcaniche del kitesurf, con vento costante quasi tutto l'anno lungo il delta della Bojana.

Natura e birdwatching

Le saline di Ulcinj e il lago di Šas sono tappe imperdibili per osservare fenicotteri e specie migratorie lungo la rotta adriatica.

Storia e identità

Tra corsari, dominazioni veneziane e ottomane e una forte identità albanese, la città vecchia racconta duemila anni di storia di confine.

Gastronomia

Pesce fresco, olio d'oliva di Valdanos e specialità balcaniche come il byrek definiscono una cucina a metà tra Mediterraneo e Balcani.

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