Ksamil
Jusqu'en 1991, la langue de côte que l'on appelle aujourd'hui Ksamil était une terre interdite : une zone militaire du régime d'En...
Mis à jour le 9 juillet 2026
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Que faire à Ksamil maintenant
Le récit
L'histoire de Ksamil
D'une zone militaire à une destination balnéaire : les origines de Ksamil
Le territoire de Ksamil fait historiquement partie de la région de Chaonie, l'ancienne région d'Épire qui, dans l'Antiquité, gravitait autour de Butrint et de Phoenice, aujourd'hui d'importants sites archéologiques situés à quelques kilomètres de distance. Jusqu'au XXe siècle avancé, la zone est restée une annexe agricole et de pêche, habitée par quelques familles vivant de la pêche et de la culture des oliviers. Avec l'instauration du régime communiste d'Enver Hoxha, la côte méridionale albanaise, en raison de sa proximité avec la Grèce et donc avec les frontières du bloc occidental, fut déclarée zone militaire : des bunkers en béton furent construits tout au long du littoral et l'accès à la mer fut restreint à la population civile pendant des décennies. Ce n'est qu'après la chute du régime, en 1991, et plus concrètement à partir des années 2000, que Ksamil a pu s'ouvrir progressivement aux visiteurs, transformant en quelques années un littoral resté quasiment intact en l'une des destinations balnéaires les plus prisées du pays.
Les îles de Ksamil et les plages principales
Le tronçon de mer devant le village est ponctué de quatre îlots, alignés à faible distance de la rive et séparés par des fonds sablonneux peu profonds que l'on traverse souvent à la nage ou en marchant dans l'eau basse. Ils sont le symbole du lieu : de petits bouts de terre couverts de maquis méditerranéen, sans constructions, que l'on peut aussi rejoindre en petites barques de location ou en pédalo pendant les mois d'été. Les plages principales se succèdent le long de la baie centrale du village, en grande partie libres mais bordées d'établissements avec parasols et transats, de restaurants de poisson et de bars ; le fond bas et le sable clair font de ce tronçon une destination adaptée aussi aux familles avec de jeunes enfants. Durant les mois de haute saison, la baie se remplit rapidement, tandis que les criques plus petites vers le sud, moins desservies par les routes, restent plus tranquilles et permettent de profiter de la couleur de l'eau avec moins d'affluence.
Pema e Thatë : la plage de l'arbre sec
Un peu au sud du centre de Ksamil se trouve Pema e Thatë, dont le nom en albanais signifie littéralement « l'arbre sec » : une plage plus intime, encadrée par une colline d'oliviers et de pins qui descend presque jusqu'au rivage, avec une bande de sable et de galets plus étroite que celle des plages centrales. C'est l'un des lieux historiques de la zone, fréquenté déjà à l'époque où Ksamil n'était pas encore une destination de masse, et il conserve une atmosphère plus intime, avec quelques tavernes de poisson familiales donnant sur l'eau. Le nom rappelle probablement un arbre isolé qui, pendant des années, a marqué le paysage du lieu avant le développement touristique, devenant un point de repère pour les pêcheurs locaux. Aujourd'hui, c'est encore une halte recommandée pour qui veut voir un Ksamil moins bâti, à quelques minutes en voiture ou à pied du centre.
La couleur de l'eau et la plongée avec tuba entre les îlots
La transparence de l'eau de Ksamil dépend d'une combinaison de facteurs : des fonds sablonneux peu profonds, l'absence de grands fleuves apportant des sédiments à la mer sur ce tronçon de côte, et la proximité du canal qui relie le lac de Butrint à la mer, lequel maintient ici une bonne qualité des eaux. Le résultat est une gamme de bleus et de turquoises qui change avec la lumière du jour, particulièrement intense aux heures centrales, quand le soleil est haut et que les fonds sablonneux réfléchissent la lumière. Autour des îlots, où la profondeur augmente graduellement, on pratique la plongée avec tuba avec une visibilité qui, les jours de mer calme, peut dépasser plusieurs mètres : il n'y a pas de grandes barrières coralliennes, mais de petits fonds rocheux, des herbiers de posidonie et des bancs de poissons qui s'approchent de la côte. Beaucoup de visiteurs louent masque et tuba directement sur la plage ou font appel aux petites embarcations qui organisent de courts tours entre les îles.
Butrint : la cité antique, patrimoine de l'humanité
À quelques kilomètres de Ksamil, au sein du parc national du même nom, se dresse Butrint, l'un des sites archéologiques les plus importants des Balkans, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1992. Ses origines remontent à un établissement grec de l'ancienne Chaonie, évoqué par la tradition également dans l'Énéide de Virgile comme un lieu fondé par des exilés troyens ; il devint ensuite colonie romaine, siège épiscopal à l'époque byzantine, fut dominé par les Vénitiens et enfin fortifié par Ali Pacha de Tepelena au début du XIXe siècle. Sur le site se superposent un théâtre grec, des thermes et une basilique paléochrétienne ornée de mosaïques, un baptistère, des murs cyclopéens et un château vénéto-ottoman donnant sur le canal, dans un cadre naturel de bois et de marais qui rend la visite encore plus évocatrice. Marcher parmi ces vestiges, plongés dans la végétation, offre un contrepoint historique immédiat à la vie balnéaire de Ksamil, à quelques minutes de distance.
Le lac et le canal de Vivari
Butrint s'élève sur les rives du canal de Vivari, qui relie le lac de Butrint, un vaste bassin d'eau saumâtre, à la mer Ionienne. Cet entrelacs d'eaux douces, saumâtres et marines crée un écosystème particulier, protégé au sein du parc national, peuplé d'oiseaux migrateurs, de tortues d'eau et d'une faune ichtyologique qui a historiquement voué la zone à la pêche et à l'élevage des moules. Le long du canal, on voit encore les pièges de pêche traditionnels en bois, appelés localement « pescherie », utilisés depuis des siècles pour la capture des anguilles et d'autres espèces qui transitent entre le lac et la mer. Le paysage ici diffère de celui des plages de Ksamil : plus ombragé, humide, traversé par des sentiers et de petits bacs à câble permettant de franchir le canal près du château, dans un environnement qui alterne eau, roselières et bois de chênes verts.
Sarandë et les environs de la Riviera
Le centre le plus proche de Ksamil est Sarandë, la principale ville de la Riviera albanaise méridionale, à quelques kilomètres de distance le long de la côte. C'est un port actif, relié par ferry à l'île grecque de Corfou, avec un front de mer incurvé donnant sur le golfe, des restaurants, des hôtels et un petit centre historique derrière la promenade. De Sarandë partent les routes et les excursions vers le reste de la Riviera albanaise, le tronçon de côte qui remonte vers le nord jusqu'à Himarë et au col de Llogara, avec des criques accessibles en bateau ou en voiture. La ville sert aussi de référence pour des services qui, à Ksamil, plus petite et saisonnière, ne sont pas toujours disponibles : banques, supermarchés plus grands, port pour les déplacements vers la Grèce. Pour qui séjourne à Ksamil, une halte à Sarandë est presque inévitable, aussi bien à l'arrivée que pour une soirée différente de la routine balnéaire.
Face à Corfou
L'un des éléments les plus caractéristiques de Ksamil est la proximité presque palpable avec l'île grecque de Corfou, qui, aux points les plus étroits du détroit, ne se trouve qu'à environ deux kilomètres de la côte albanaise. Depuis les îlots et certains tronçons de plage, la silhouette de l'île est parfaitement visible, avec ses collines vertes qui ferment l'horizon à l'ouest ; par temps très clair, on distingue même des bâtiments et des localités côtières grecques. Cette proximité, qui sous le régime communiste avait fait de la zone une région militarisée précisément parce qu'elle constituait une frontière sensible avec un pays de l'OTAN, est aujourd'hui devenue un attrait supplémentaire : de nombreux visiteurs arrivent à Ksamil pour la journée depuis la Grèce, profitant des liaisons maritimes entre Corfou et Sarandë, avant de poursuivre vers les plages de la commune. Le rapport entre les deux rives reste néanmoins asymétrique, l'Albanie demeurant plus économique et moins développée du point de vue touristique que l'île grecque.
Les saveurs de Ksamil : poisson et moules de Butrint
La cuisine de Ksamil s'articule autour du poisson et des fruits de mer, servis dans les restaurants qui donnent sur les plages et le front de mer : daurades, bars et sardines grillées, accompagnés de poulpe et de calamars, composent les menus typiques de la côte. Un produit emblématique de la zone est la moule du lac de Butrint, élevée dans les eaux saumâtres du canal de Vivari selon des techniques transmises de génération en génération : sa qualité est reconnue dans toute la région et elle est proposée à la vapeur, gratinée ou dans des sauces légères à la tomate et aux herbes. Aux côtés du poisson, la table locale conserve des traits de la cuisine albanaise méridionale : huile d'olive de la région, fromages frais, légumes grillés et le byrek, le typique feuilleté salé. Pendant les mois d'été, de nombreux établissements proposent aussi une cuisine plus internationale, reflet de la clientèle touristique qui domine désormais l'économie du village.
Quand partir
La saison balnéaire à Ksamil se concentre entre juin et mi-septembre, avec un pic de fréquentation en juillet et août, quand les températures de l'eau et de l'air sont plus élevées mais aussi les plages et les routes plus fréquentées. Mai, la fin juin et la seconde moitié de septembre offrent un bon compromis : une mer déjà chaude ou encore agréable, moins d'affluence sur les plages principales et des prix plus modérés pour l'hébergement et les restaurants. En hiver, la majeure partie des structures touristiques ferme et le village retrouve une dimension bien plus intime, adaptée à qui veut visiter Butrint et la Riviera tranquillement, mais pas à qui recherche la vie de plage. Ceux qui veulent combiner mer et visites culturelles devraient réserver les heures les plus fraîches du matin à Butrint, laissant le reste de la journée aux plages de Ksamil, évitant ainsi la chaleur intense et la foule des bus touristiques qui arrivent en milieu de journée.
Du village de pêcheurs au boom touristique
Le développement touristique de Ksamil est un phénomène récent et très rapide : jusque dans les années 2000, le village comptait peu de maisons, et la croissance a pris son essor surtout au cours de la dernière décennie, de pair avec l'ouverture internationale de l'Albanie et la diffusion des images de ses plages sur les réseaux sociaux, qui ont rendu les îlots populaires bien au-delà des frontières balkaniques. En quelques années sont apparus des hôtels, des appartements en location, des restaurants et des établissements balnéaires, souvent construits à la hâte et sans planification urbanistique organique, au point que les autorités albanaises ont plusieurs fois lancé des opérations de démolition de constructions illégales le long de la côte pour protéger l'accès public à la mer. Ce développement accéléré a apporté prospérité économique et emplois dans une zone restée en marge pendant des décennies, mais il pose aussi des questions sur la durabilité d'une croissance concentrée sur quelques mois de l'année, sur un littoral relativement restreint.
- Nager ou faire de la plongée avec tuba entre les quatre îlots de la baie
- Visiter le site archéologique de Butrint, patrimoine de l'UNESCO
- Goûter les moules du lac de Butrint dans un restaurant sur le canal
- Faire une excursion en bateau le long de la côte vers Sarandë
- Admirer le coucher du soleil avec la silhouette de Corfou à l'horizon
- Se promener parmi les pièges de pêche traditionnels du canal de Vivari
- Découvrir la plage plus intime de Pema e Thatë
FAQ
Come si arriva a Ksamil?
Qual è il periodo migliore per visitare Ksamil?
Si può visitare Butrinto in giornata insieme alle spiagge?
Dove si parcheggia a Ksamil?
Ksamil è adatta alle famiglie con bambini?
Quanto tempo conviene restare a Ksamil?
Comment y arriver
- Aeroporto di Corfù 'Ioannis Kapodistrias' (Grecia), poi traghetto per Sarandë (circa 1 ora) e 15-20 minuti d'auto fino a Ksamil
- Aeroporto Internazionale di Tirana 'Madre Teresa', a circa 200 km e 3-4 ore d'auto o bus lungo la costa
- Da Tirana si segue la statale costiera che attraversa Vlorë e il passo di Llogara fino a Sarandë, proseguendo poi sulla SH81 in direzione sud fino a Ksamil; da Sarandë il collegamento con Ksamil è di pochi minuti.
- Nei mesi di luglio e agosto il traffico sulla costa può rallentare molto gli spostamenti: meglio viaggiare nelle prime ore del mattino o in tarda serata.
Parfait pour
Spiagge dal fondale basso e sabbioso, acqua turchese e isolotti raggiungibili a nuoto.
Il parco di Butrinto, patrimonio UNESCO, a pochi minuti di auto dalle spiagge.
Pesce fresco e le cozze del Lago di Butrint, allevate nel canale di Vivari.
La vista su Corfù, a poca distanza di mare, e i collegamenti via traghetto con la Grecia.
Fondali bassi e acque calme adatte anche ai bambini piccoli.
À voir