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Vallarsa

La Vallarsa est une commune dispersée du Trentin méridional, nichée dans la vallée creusée par le torrent Leno au sud de Rovereto,...

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La Vallarsa est une commune dispersée du Trentin méridional, nichée dans la vallée creusée par le torrent Leno au sud de Rovereto, entre le massif du Monte Pasubio à l'est et les Petites Dolomites du Groupe du Carega à l'ouest, avec le col de Pian delle Fugazze servant de charnière vers le Vicentino. Le territoire communal, l'un des plus fragmentés du Trentin, rassemble des dizaines de petits hameaux dispersés entre 34 et 1100 mètres d'altitude, avec la mairie située dans le hameau de Raossi. Colonisée dès 1234 par des colons de langue allemande provenant de la région de Bolzano, la vallée a longtemps conservé un parler cimbre local, le slambrot, disparu seulement à la fin du XIXe siècle, tandis que de nombreux toponymes trahissent encore leur origine germanique. Pendant la Première Guerre mondiale, la Vallarsa, territoire frontalier entre l'Autriche-Hongrie et le Royaume d'Italie, fut le théâtre de combats ininterrompus de 1915 à 1918 : la population fut évacuée, en partie vers l'intérieur de l'Italie et en partie dans des camps de réfugiés autrichiens, tandis que des fortifications comme le Forte Pozzacchio surgirent sur les versants. Aujourd'hui, la vallée vit de l'élevage, des forêts et du tourisme de randonnée, entre sentiers historiques de la Grande Guerre, malghe, un musée de la civilisation paysanne et la proximité du Pasubio.

Mis à jour le 20 juillet 2026

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Le récit

L'histoire de Vallarsa

La Vallarsa dans la vallée du Leno, vers le Pasubio

La Vallarsa occupe la vallée creusée par le torrent Leno dans le Trentin méridional, immédiatement au sud de Rovereto, sur une étendue de territoire qui s'étire jusqu'à la frontière avec la province de Vicence. Le fond de la vallée, étroit et en grande partie boisé, monte d'environ 300 mètres pour la partie la plus basse jusqu'à dépasser les 1000 mètres vers les crêtes, encadré à l'est par les parois du Monte Pasubio et à l'ouest par les sommets calcaires des Petites Dolomites, dans le Groupe du Carega. La commune ne possède pas un centre habité unique : c'est une commune dispersée, l'une des plus fragmentées du Trentin, formée de dizaines de petits hameaux disséminés le long des versants, avec le siège municipal dans le hameau de Raossi, à 724 mètres d'altitude. Cette dispersion de l'habitat, alliée à sa position frontalière, a fait de la Vallarsa pendant des siècles un territoire périphérique et simultanément stratégique, carrefour entre le monde trentin-tyrolien et le monde vénitien.

Le Pasubio et les Petites Dolomites

Le paysage de la Vallarsa est dominé par le Monte Pasubio, le massif que la vallée partage avec le territoire de Vicence et qui culmine à la Cima Palon, plus de 2200 mètres, théâtre de certains des combats les plus acharnés de la Première Guerre mondiale. Sur le versant opposé de la vallée s'élèvent les Petites Dolomites du Groupe du Carega, aiguilles et parois calcaires qui, bien que moins connues que les Grandes Dolomites, offrent escalades, via ferrata et panoramas d'une grande envergure. Entre les deux groupes s'ouvre le col de Pian delle Fugazze, point de passage historique vers la vallée de l'Agno et Recoaro Terme. C'est de là que débute le tracé du Sentiero della Pace, qui suit la ligne du front entre tranchées et chemins de ronde jusqu'au sommet du Pasubio, rencontrant le sentier européen E5. Marcher sur ces crêtes signifie se déplacer entre deux mondes montagnards distincts, l'un dolomitique et l'autre préalpin vicentin, unis par une mémoire commune de la guerre.

La Grande Guerre et les lieux de la mémoire

Avant 1918, la Vallarsa était un territoire frontalier entre le Royaume d'Italie et l'Empire austro-hongrois, et de mai 1915 à octobre 1918, la vallée fut traversée sans interruption par le front. La population fut évacuée : ceux qui habitaient dans les hameaux les plus élevés furent déplacés vers l'intérieur de l'Italie, tandis que les habitants de la basse vallée, sous administration autrichienne, furent transférés dans des camps de réfugiés comme celui de Mitterndorf an der Fischa. Sur les versants subsistent encore aujourd'hui d'imposants témoignages de ces années, à commencer par le Forte Pozzacchio, également connu sous le nom de Werk Valmorbia, une œuvre austro-hongroise creusée presque entièrement dans la roche au-dessus de l'habité de Pozzacchio, construite à partir de 1913 et restée inachevée lors du déclenchement de la guerre. Un peu plus haut, la Strada degli Eroi monte sur environ dix kilomètres depuis Pian delle Fugazze jusqu'au refuge Achille Papa, entre des plaques commémoratives dédiées aux médaillés d'or qui combattirent sur le Pasubio, dans l'un des parcours historiques les mieux conservés de tout le front.

Nature, hameaux et culture cimbre

La Vallarsa est une mosaïque de hameaux, de Raossi à Riva, de Valmorbia à Camposilvano, d'Anghebeni à Obra, dispersés entre les châtaigneraies, les prairies de foin et les masi traditionnels qui parsemaient autrefois tout le versant. Les origines de cet établissement dispersé remontent à 1234, lorsque l'évêque de Trento appela des colons de langue allemande de la région de Bolzano pour coloniser la vallée selon l'usage germanique des masi isolés : naquit ainsi une communauté cimbre qui parla pendant des siècles le slambrot, un dialecte du groupe bavarois-tyrolien disparu seulement à la fin du XIXe siècle, dont il reste aujourd'hui des traces surtout dans la toponymie, avec environ un quart des noms de lieux d'une claire origine germanique. Le Museo della Civiltà Contadina della Vallarsa, aménagé dans le hameau de Riva avec une section dédiée au moulin d'Arlanch, rassemble des objets donnés par les habitants et raconte la vie quotidienne de ces communautés de montagne, entre travail des champs, élevage et artisanat.

Histoire et expériences

L'histoire de la Vallarsa, marquée par la frontière et la guerre, est aussi une histoire d'économie de montagne : pendant des siècles, la vallée a vécu du pastoralisme alpin, de l'élevage et de la gestion des forêts, un héritage encore vivant lors de la Fiera di San Luca, dédiée au bétail, et à la Ganzega del Bosco, la fête estivale qui célèbre le métier de bûcheron avec des épreuves d'abattage et de tronçonnage. Aujourd'hui, la Vallarsa allie cette vocation rurale à un tourisme de randonnée en pleine croissance, qui emmène les visiteurs le long du Sentiero delle frazioni, un itinéraire qui relie les villages dispersés de la vallée, ou sur les lacs artificiels de Speccheri et San Colombano, créés pour la production hydroélectrique. Le territoire accueille également la Primula Vallarsae, une espèce endémique découverte par les chercheurs Prosser et Scortegagna et présente seulement dans quelques stations rocheuses de la vallée, signe d'un environnement naturel encore intact. Entre mémoire de la Grande Guerre, nature et traditions paysannes, la Vallarsa reste l'une des vallées les moins connues mais les plus authentiques du Trentin méridional.

À ne pas manquer

  • Forte Pozzacchio - Werk Valmorbia, an Austro-Hungarian fortress carved into the rock
  • Strada degli Eroi, from Pian delle Fugazze to the Achille Papa refuge on Monte Pasubio
  • Museo della Civiltà Contadina della Vallarsa in Riva, with the mill in Arlanch
  • A hike on the Sentiero della Pace between Monte Pasubio and the Little Dolomites
  • Sentiero delle frazioni, a trail among the valley's scattered hamlets

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