Syros
1864 est l'année où Ermoupoli inaugure le Théâtre Apollon, et ce choix n'est pas anodin : la salle, construite sur le modèle de la...
Mis à jour le 10 juillet 2026
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Le récit
L'histoire de Syros
Des ruines de Smyrne à la capitale des Cyclades
L'histoire de Syros avant le XIXe siècle est celle d'une île cycladique comme tant d'autres, avec un passé antique (l'île est déjà citée par Homère) et une longue période de domination vénitienne puis ottomane qui a profondément marqué sa culture, laissant une importante communauté catholique aux côtés de la communauté orthodoxe. Le tournant survient avec la guerre d'indépendance grecque : tandis que d'autres îles brûlaient, Syros resta relativement à l'abri grâce à la protection française accordée aux catholiques, et devint un refuge pour les familles fuyant Chios, Psara et Smyrne. Ce sont ces réfugiés, souvent marchands et armateurs expérimentés, qui fondèrent Ermoupoli — la 'ville d'Hermès', dieu du commerce — et en firent en quelques décennies le port le plus actif de la Grèce indépendante, avant que l'essor du Pirée ne réduise son rôle à la fin du XIXe siècle.
Le Théâtre Apollon, la Scala miniature des Cyclades
Inauguré en 1864 sur les plans de l'architecte italien Pietro Sampò, le Théâtre Apollon est le symbole des ambitions culturelles de l'Ermoupoli du XIXe siècle : une salle à l'italienne avec des loges sur plusieurs étages, explicitement inspirée de la Scala de Milan, construite quand la ville voulait se montrer à la hauteur des grandes capitales européennes. Il accueillit des opéras, des compagnies itinérantes, les premiers concerts symphoniques des Cyclades, puis connut des décennies d'abandon avant une restauration qui l'a rendu au public. Aujourd'hui, on peut encore le visiter et il continue de vivre comme salle de concerts et de festivals, un petit écrin néoclassique niché entre les rues du centre qui raconte, mieux que bien des livres d'histoire, avec quelle rapidité et quelle ambition cette ville portuaire a grandi.
La place Miaouli et l'hôtel de ville de Ziller
Le cœur civique d'Ermoupoli est la Plateia Miaouli, une vaste étendue de marbre blanc entourée de palmiers et de cafés, dominée par l'hôtel de ville conçu par l'architecte allemand Ernst Ziller, celui-là même qui dessina nombre des bâtiments néoclassiques d'Athènes. La place, dédiée à l'amiral Andreas Miaoulis, héros de la guerre d'indépendance, est le salon de la ville : c'est là que se tiennent les fêtes patronales, les promenades du soir, les meetings. Alentour se dressent la bibliothèque municipale, le petit musée archéologique logé dans le même bâtiment que la mairie, et les façades du XIXe siècle qui servent de décor à une vie urbaine restée étonnamment animée même hors saison.
Ano Syros, la ville haute des catholiques
Si Ermoupoli est du XIXe siècle, Ano Syros est médiévale : un bourg fortifié construit par les Vénitiens au XIIIe siècle sous la famille Ghisi, perché sur une colline dans un dédale de ruelles étroites et couvertes conçues pour se défendre des pirates. C'est le cœur de la communauté catholique de l'île, descendante directe des colons latins installés sous la protection de la République de Venise puis de la France, ce qui a permis à Syros de rester relativement autonome même sous la domination ottomane. Au sommet de la colline se dresse la cathédrale Saint-Georges, siège épiscopal catholique, tandis qu'à proximité le couvent des Capucins et celui des Ursulines abritent bibliothèques et cloîtres silencieux. Sur la colline opposée, en miroir, s'élève le quartier orthodoxe de Vrontado : les deux collines se regardent depuis des siècles, deux confessions sur la même île.
Les chantiers Neorion, l'âme industrielle de l'île
Peu de visiteurs s'attendent à trouver, aux portes d'Ermoupoli, l'un des plus anciens chantiers navals encore actifs de Grèce. Neorion naquit au milieu du XIXe siècle pour réparer et construire les navires qui soutenaient le commerce maritime grec, et pendant un siècle il fut le moteur économique de l'île, employant des milliers d'ouvriers et faisant vivre des quartiers entiers. Il traversa des crises, des fermetures et des réouvertures, mais reste aujourd'hui un chantier en activité pour l'entretien des navires marchands, visible depuis le front de mer avec ses grues et ses bassins de radoub. C'est un morceau d'archéologie industrielle vivant, non transformé en musée, qui explique pourquoi Syros a toujours eu une identité plus ouvrière et moins touristique que ses sœurs cycladiques.
La patrie du rébétiko : Markos Vamvakaris
Ermoupoli vit naître, en 1905, Markos Vamvakaris, le musicien que la tradition considère comme le 'patriarche du rébétiko', ce genre musical né dans les quartiers populaires et les ports grecs, cousin du blues par ses atmosphères et ses thèmes. Vamvakaris apprit le bouzouki justement dans les ruelles d'Ermoupoli avant d'émigrer au Pirée, où le rébétiko trouva sa consécration. Aujourd'hui, un petit musée qui lui est dédié, près du port, rassemble instruments, photos et souvenirs de cette époque, et sa statue regarde la mer non loin de l'endroit où il a grandi. Dans les lieux historiques de la ville, il arrive encore d'entendre en direct ces sonorités mélancoliques et fières, signe d'un lien que l'île n'a jamais rompu avec sa musique la plus authentique.
Les plages et le littoral : Kini, Galissas, Vari
Syros n'est pas une île conçue pour le tourisme balnéaire de masse, mais son littoral découpé cache des criques remarquables. À l'ouest, Kini est un village de pêcheurs devenu un haut lieu des couchers de soleil photographiés, avec une eau peu profonde et transparente ; un peu plus au sud, Galissas offre la plage la plus large et la plus sablonneuse de l'île, abritée par des pinèdes. Sur le versant sud, Vari et Megas Gialos alternent de petites baies presque privées avec des structures d'accueil plus organisées, tandis que Finikas et Poseidonia (Delagratsia), avec leurs villas Art nouveau du début du XXe siècle, rappellent l'époque où les armateurs d'Ermoupoli y construisaient leurs résidences d'été. L'arrière-pays, vallonné et en terrasses avec des murets de pierre sèche, reste étonnamment sauvage à quelques minutes du littoral.
Saveurs de l'île : loukoumia et halvadopita
La réputation gastronomique de Syros tient surtout à sa pâtisserie : on y produit depuis des générations les loukoumia, ces célèbres confiseries gélatineuses parfumées au mastic ou à la rose, et la halvadopita, un nougat tendre à base de sésame et de miel conservé dans les boutiques historiques du centre d'Ermoupoli, dont certaines sont actives depuis le XIXe siècle avec les mêmes recettes familiales. Les produits plus robustes ne manquent pas non plus, liés à la fois à la tradition catholique et à la tradition orthodoxe : le San Michali, fromage dur et épicé à appellation protégée produit uniquement sur cette île avec du lait de vache, et des vins locaux issus de cépages autochtones. C'est une cuisine qui mêle influences latines et grecques, à l'image de la population qui l'exprime.
Quand y aller et comment vivre l'île
Syros se savoure bien au-delà des mois chauds : habitée toute l'année et siège administratif des Cyclades, elle offre au printemps et en automne un climat doux, des prix plus bas et une vie citadine active sans la surpopulation de juillet et août. L'été reste néanmoins le meilleur moment pour la mer et pour le calendrier d'événements, avec des concerts au Théâtre Apollon et des fêtes patronales dans les villages. Ceux qui aiment l'histoire et l'architecture peuvent visiter Ermoupoli et Ano Syros même lors d'une brève escapade d'un ou deux jours ; ceux qui recherchent aussi la plage et la vie balnéaire feront bien de rester au moins quatre ou cinq jours, en s'appuyant peut-être sur Ermoupoli pour les déplacements en bus vers les baies du littoral.
- Se promener parmi les palais néoclassiques et les cafés de la Plateia Miaouli
- Monter jusqu'aux ruelles médiévales d'Ano Syros et à la cathédrale Saint-Georges
- Assister à un spectacle au Théâtre Apollon
- Visiter le petit musée dédié à Markos Vamvakaris
- Observer de près les chantiers navals historiques de Neorion
- Acheter des loukoumia et de la halvadopita dans les boutiques historiques du centre
- Se baigner au coucher du soleil dans la baie de Kini
- Goûter le fromage San Michali avec un vin local
FAQ
Come si arriva a Syros?
Quando è il periodo migliore per visitarla?
Cosa vedere in un solo giorno?
Dove parcheggiare a Ermoupoli?
Syros è adatta a un viaggio con bambini?
Quanti giorni servono per visitarla bene?
Comment y arriver
- Aeroporto di Syros (JSY), a circa 4 km da Ermoupoli, con voli da Atene
- Non essendo collegata alla terraferma, l'isola si raggiunge via mare o via aria; sull'isola gli spostamenti avvengono in auto a noleggio o con gli autobus locali KTEL che collegano Ermoupoli alle principali spiagge
- Il porto di Ermoupoli è anche uno snodo dei collegamenti interni alle Cicladi: da qui partono traghetti per Mykonos, Tinos, Paros e Naxos, comodo per chi vuole combinare più isole in un unico viaggio
Parfait pour
Ermoupoli è probabilmente il centro urbano neoclassico meglio conservato delle Cicladi, ideale per chi ama l'architettura ottocentesca.
La convivenza secolare tra comunità cattolica e ortodossa, visibile nelle due colline di Ano Syros e Vrontado, è un caso unico nell'Egeo.
La città natale di Markos Vamvakaris resta un punto di riferimento per gli appassionati di rebetiko e musica greca.
Loukoumia, halvadopita e il formaggio San Michali fanno di Syros una tappa golosa tra le Cicladi.
Le baie di Kini, Galissas e Vari offrono un'alternativa più tranquilla e meno turistica rispetto alle isole vicine più famose.
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