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À Ménites, un village à quelques minutes de Chora, l'eau jaillit de la roche en tant d'endroits différents que les habitants ont construit, siècle après siècle, des fontaines à têtes de lion en pierre d'où coulent des sources pérennes : un détail infime, mais qui dit tout d'Andros. Car celle-ci, parmi toutes les Cyclades, est l'île de l'eau : des vallées vertes, des torrents qui ne s'assèchent jamais même en août, des moulins à eau encore debout, des sentiers qui traversent des platanes séculaires au lieu de la roche nue. C'est un paysage qui surprend ceux qui arrivent en s'attendant aux Cyclades de carte postale faites de chaux blanche et de pierraille, et qui s'explique par son histoire plus récente : à partir du XIXe siècle, certaines des plus puissantes familles d'armateurs grecs — les Goulandris, les Empeirikos — ont fait fortune en mer et ont choisi Andros comme patrie, y investissant leurs capitaux dans des villas néoclassiques, des bibliothèques et, en 1979, dans un musée d'art moderne qui expose aujourd'hui Picasso et Matisse dans une localité de quelques milliers d'habitants seulement. Andros est ainsi une île double : celle, rurale, des moulins et des sentiers de montagne, et celle, cultivée et internationale, voulue par les armateurs, qui coexistent sans se contredire le long de la même côte.

Mis à jour le 10 juillet 2026

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Le récit

L'histoire de Andros

Une île antique entre les Cyclades et la mer Égée septentrionale

Andros est habitée depuis l'Antiquité : les fouilles de Zagora, établissement de l'époque géométrique, et de Paléopolis, l'ancienne capitale de l'île à l'époque classique et hellénistique, témoignent d'une histoire longue de plus de trois mille ans. Elle fit partie de la ligue de Délos, passa sous des dominations successives jusqu'à l'époque byzantine et, comme la plupart des Cyclades, connut ensuite le gouvernement du duché de Naxos sous les Vénitiens, avant la conquête ottomane. Sa position, la plus septentrionale des Cyclades et la plus proche de l'Eubée, en a toujours fait un carrefour entre la mer Égée centrale et septentrionale, un rôle qui, au fil des siècles, a influencé tant les échanges commerciaux que les cultures qui s'y sont superposées.

Le musée Goulandris d'art contemporain

Fondé en 1979 par les armateurs Basil et Elise Goulandris, le musée de Chora est probablement l'institution culturelle la plus surprenante de toutes les Cyclades : une collection permanente de sculpture grecque moderne, accompagnée, lors d'expositions temporaires, de chefs-d'œuvre absolus de l'art du XXe siècle, de Picasso à Matisse, de Braque à Léger. Le choix d'ouvrir un musée de ce niveau sur une île relativement périphérique n'était pas fortuit : les Goulandris, comme d'autres familles d'armateurs originaires d'Andros, voulurent restituer à leur île natale une part de la richesse accumulée dans le commerce maritime mondial, transformant Chora en une destination culturelle à part entière, capable d'attirer des visiteurs indépendamment de la mer.

Chora, la ville des armateurs

Le chef-lieu de l'île s'étend sur un promontoire étroit entre deux baies, avec un tissu urbain élégant fait de maisons en pierre et de demeures néoclassiques construites précisément par les familles d'armateurs entre le XIXe et le XXe siècle. En se promenant le long de la rue centrale piétonne, on croise des galeries d'art, le musée archéologique avec des vestiges provenant de Paléopolis et de Zagora, et la place Kairi, qui donne sur un aperçu de mer ouverte. À l'extrémité du promontoire, sur un îlot relié par un pont, se dresse le phare de Tourlitis, construit en 1897 : ce fut le premier phare automatique de Grèce, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale et reconstruit fidèlement des décennies plus tard, aujourd'hui image emblématique de l'île.

Batsi et la côte occidentale

Si Chora représente l'âme cultivée et historique d'Andros, Batsi en est le visage le plus touristique et animé : un village de pêcheurs donnant sur une baie semi-circulaire, aujourd'hui port touristique et principale station balnéaire de l'île, avec une promenade en front de mer riche en tavernes et en bars. C'est d'ici que partent des excursions vers certaines des plages les plus appréciées de la côte occidentale, comme Chrisi Ammos et Achla, et vers les villages perchés de l'arrière-pays. C'est la base la plus pratique pour qui recherche un séjour balnéaire classique, tout en restant à quelques kilomètres du paysage plus rural et moins fréquenté du centre de l'île.

Ménites et les sources à tête de lion

À quelques minutes de Chora, le village de Ménites doit son nom et sa renommée aux nombreuses sources qui jaillissent de la montagne surplombante : l'eau, très abondante même en plein été, sort de fontaines en pierre sculptées en forme de tête de lion, disséminées entre jardins et ruelles ombragées par des agrumeraies. Le village abrite aussi l'église de la Panagia tis Koumoulous qui, selon la tradition locale, se dresserait sur les vestiges d'un ancien temple dédié à Dionysos, précisément en raison de la présence de l'eau sacrée. C'est l'un des lieux qui explique le mieux pourquoi Andros est appelée l'île la plus verte des Cyclades.

Apikia et l'eau Sariza

Non loin de Ménites, le village d'Apikia est la source d'une autre célèbre ressource hydrique de l'île : l'eau minérale Sariza, mise en bouteille et distribuée dans toute la Grèce, jaillit d'une source naturelle connue et utilisée depuis l'Antiquité pour ses propriétés. Le village, perché sur un versant vert parsemé de tours-pigeonniers de style vénitien — un écho de la proche Tinos —, offre l'un des panoramas les plus saisissants sur la vallée en contrebas, et constitue une étape presque obligée pour qui veut comprendre à quel point la présence constante de l'eau a façonné l'agriculture et le peuplement humain d'Andros.

Les sentiers et les moulins de l'arrière-pays

Andros possède le réseau de sentiers de randonnée le plus étendu et le mieux balisé des Cyclades, entretenu par une association locale qui a restauré d'anciens chemins muletiers pavés, autrefois utilisés pour relier les villages de montagne. Les itinéraires traversent des vallées aux platanes séculaires, des ponts de pierre, des terrasses cultivées et des dizaines de moulins à eau et à vent, certains encore intacts, d'autres réduits à des ruines évocatrices. Marcher sur ces sentiers, souvent ombragés et frais même en été, est probablement la meilleure façon de comprendre pourquoi l'île est qualifiée de « verte » : un paysage plus proche de certaines zones de l'Épire que des Cyclades ensoleillées de l'imaginaire commun.

Traditions et vie rurale

L'économie traditionnelle d'Andros, avant le tourisme et la richesse armatoriale, reposait sur l'agriculture et le pastoralisme de montagne, et cette vocation rurale survit encore aujourd'hui dans les produits typiques : miel de montagne, fromages de chèvre et de brebis, la fourtalia, une omelette rustique aux pommes de terre, à la saucisse et aux herbes locales, répandue dans toute l'île lors des fêtes de village, et la liqueur de cédrat ou d'herbes aromatiques produite de façon artisanale. Les fêtes patronales des villages, surtout en été, restent des occasions de musique populaire et de danses traditionnelles offrant un regard authentique sur la vie de l'île, loin des circuits les plus touristiques.

Quand y aller et comment vivre l'île

Grâce à un climat plus frais et plus humide que celui des Cyclades méridionales, Andros se prête bien aussi aux visites printanières, lorsque la campagne est en pleine floraison et que les sentiers sont plus praticables sans la chaleur estivale. L'été reste le moment idéal pour la mer et pour la vie de Batsi, tandis que l'automne offre des couleurs intenses dans les vallées intérieures. Un séjour de quatre ou cinq jours permet d'alterner Chora et son musée, les villages de l'eau comme Ménites et Apikia, quelques randonnées à pied et les plages de la côte occidentale, sans précipitation.

  • Visiter le musée Goulandris d'art contemporain à Chora
  • Se promener jusqu'au phare de Tourlitis, sur un îlot relié par un pont
  • Boire l'eau aux fontaines à tête de lion de Ménites
  • Parcourir à pied l'un des sentiers historiques entre moulins et ponts de pierre
  • Se détendre sur la plage de Chrisi Ammos, près de Batsi
  • Découvrir la source Sariza à Apikia
  • Goûter la fourtalia dans une taverne de village

FAQ

Come si arriva ad Andros?
In traghetto da Rafina, il porto più vicino e più frequente, con corse regolari che impiegano circa 2 ore fino a Gavrio; Andros non ha aeroporto.
Qual è il periodo migliore per visitarla?
Primavera e inizio estate per escursioni e paesaggi verdi, luglio-agosto per il mare a Batsi e sulla costa occidentale.
Cosa vedere in un solo giorno?
Chora con il museo Goulandris e il faro di Tourlitis, poi una puntata a Menites per le sorgenti, se il tempo lo permette.
Dove parcheggiare a Chora?
Il centro storico è pedonale; conviene lasciare l'auto nei parcheggi all'ingresso del paese, vicino alla piazza principale, e proseguire a piedi.
Andros è adatta a chi ama camminare?
Sì, è considerata l'isola cicladica migliore per il trekking, con una rete di sentieri segnalati tra valli, mulini e villaggi di montagna.
Quanti giorni servono per visitarla bene?
Quattro o cinque giorni permettono di combinare cultura a Chora, escursioni nell'entroterra verde e relax sulle spiagge della costa occidentale.

Comment y arriver

En voiture
  • Nessun aeroporto sull'isola; si arriva in traghetto da Rafina fino al porto di Gavrio (circa 2 ore); spostamenti interni consigliati in auto a noleggio per raggiungere i villaggi di montagna
Conseil
  • Rafina, più vicina di Atene rispetto al Pireo, è collegata da autobus e taxi con l'aeroporto internazionale di Atene: utile per chi arriva in aereo e prosegue subito per Andros

Parfait pour

Natura e trekking

Sentieri, torrenti e mulini fanno di Andros la meta ideale per chi vuole camminare tra le Cicladi anziché solo prendere il sole.

Arte e cultura

Il Museo Goulandris rende Chora una tappa culturale di livello internazionale, rara su un'isola di queste dimensioni.

Mare tranquillo

Batsi e la costa occidentale offrono un turismo balneare più rilassato rispetto alle Cicladi più affollate.

Villaggi d'acqua

Menites e Apikia raccontano un lato insolito e sorprendente delle Cicladi, fatto di sorgenti e vegetazione lussureggiante.

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